- Tu ne me poses pas de questions ? a-t-il demandé. Tu ne veux pas savoir ce que je fais le soir, quand je ne suis pas ici ?
- Je le sais, tu ne rentres pas chez toi.
- Et tu ne me demandes pas pourquoi ?
- Pourquoi ?
Il m'a regardée avec un sourire de côté.
- Je ne sais pas.
- Je m'en doutais.
- Je ne sais pas mais je voudrais bien le savoir. C'est pour ça que je m'en vais : pour savoir ce que je cherche.
- C'est une chose que je peux comprendre.
- A quoi ça sert que tu me comprennes, si tu ne peux pas m'aider ?
- Je peux t'aider à ne pas te noyer dans le fleuve.
Il a repoussé ses livres devant lui. Il avait complètement abandonné l'idée de travailler.
- Tu es toujours à côté de moi, tu peux entrer dans ma tête et voir par mes yeux. Et avec tout ça, tu ne peux rien faire pour moi ? Tu ne peux pas m'aider à être tranquille et heureux ? Hier, quand je ne trouvais plus mon chemin, j'ai eu peur. J'ai pensé que je ne sortirais jamais de cet endroit. Tu m'as tiré de là et je devrais te dire merci. Pourtant je n'en ai aucune envie. Aujourd'hui, c'est toi qui me fais peur.
- Peur de quoi ?
- Que tu me suives et que tu m'espionnes. Peur aussi de tous ces trucs qui arrivent avec toi, la poudre d'or, les visions, tout ça. A la fin, on ne dirait pas que tu m'aimes, on dirait juste que tu joues avec moi.
- Je ne joues pas.
- Alors tu m'aimes ?
L'or brillait dans ses yeux. Je n'ai pas eu le courage de le détromper.
-Peut-être que oui, peut-être que c'est de l'amour.